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LE JOURNALISME À L'ÈRE DE LA DÉFIANCE - 25/02/2026

Jérôme Bouvier

Ancien Directeur de la Rédaction de France Culture et France Radio Internationale et Président de l’association Journalisme & Citoyenneté, organisatrice des Assises du Journalisme à Tours, Tunis et Bruxelles.

La nouvelle saison commence avec une interrogation sur le journalisme d’aujourd’hui. Notre affiche, inquiétante et décalée, invite à réfléchir à la place que nous accordons à ce « quatrième pouvoir » et à ce que nous en attendons. C’est avec Jérôme Bouvier, un expert du journalisme que nous aborderons, après un état des lieux, le rôle et l’évolution du journalisme autour des notions de confiance et de défiance, des nouvelles pratiques (IA, réseaux sociaux…) et aussi comment réapprendre à s’informer ensemble !

Entre défiance et besoin d’information, le dernier baromètre sur l’utilité du journalisme publié par Viavoice en 2025 soulève des attentes importantes, mais confirme la nécessité du journalisme  dans notre vie citoyenne comme en témoignent ces quels chiffres :

  • 86% des personnes interrogées trouvent le journalisme utile
  • 74% font confiance aux médias professionnels
  • 83% reconnaissent le journalisme indispensable à la société démocratique

Mais 91% notent la montée des rumeurs et de la désinformations sur les réseaux sociaux et internet et sont 67% à souhaiter plus de vérification des informations par les journalistes.
Pour en savoir plus sur le baromètre

Gwenaëlle Jamesse

Historienne et Directrice du pôle Humanités & Sciences Sociales Excelia

L’invisibilisation des femmes dans l’histoire n’est pas un simple oubli accidentel, mais un processus structuré et intériorisé qui s’est manifesté à travers plusieurs leviers au fil des siècles.

1. Une construction de l’histoire par et pour les hommes

Depuis l’Antiquité, l’histoire a été écrite par des hommes et pour des hommes. Les historiens ont traditionnellement travaillé à partir d’archives institutionnelles et officielles, des sphères desquelles les femmes étaient largement exclues, ce qui a conduit à l’effacement de leurs traces dans le récit national. Lorsqu’une femme est mentionnée, elle est souvent réduite à son lien avec un homme célèbre plutôt que reconnue pour son propre rôle.

2. L’effacement par le langage et la nomination

Le langage a joué un rôle crucial dans cette invisibilisation. Au Moyen Âge, les femmes étaient présentes dans l’espace public et leurs métiers étaient nommés au féminin (comme « autrice »). Cependant, à partir de la fin du XVIIe siècle, l’Académie française a progressivement supprimé ces termes pour imposer la primauté du genre masculin dans l’espace public. Ne plus nommer les femmes, c’est les empêcher d’apparaître et d’exister socialement.

3. Les mécanismes juridiques et institutionnels

L’histoire des femmes est marquée par des mouvements de « balancier » : elles apparaissent lors de moments insurrectionnels avant d’être à nouveau écartées.

  • La centralisation du pouvoir : Sous les monarchies centralisées comme celle de Louis XIV, les rôles ont été rigidifiés, excluant les femmes de l’espace public.
  • L’exclusion politique : Bien que présentes sur les barricades lors de la Révolution française ou de la Commune, les femmes se sont vu interdire l’accès à l’Assemblée nationale dès que l’ordre était rétabli.
  • Le Code Napoléon : Ce cadre juridique a été particulièrement dévastateur en faisant de la femme une « mineure à vie », scellant sa disparition juridique et sociale.

4. L’Effet Matilda et la spoliation intellectuelle

L’effet Matilda documente la tendance systématique à attribuer les découvertes ou les travaux des femmes à leurs collègues ou conjoints masculins. Par exemple, même une figure comme Marie Curie est souvent ramenée aux travaux de Pierre Curie dans certains discours, et la philosophe Hannah Arendt est fréquemment citée en référence à son compagnon plutôt que pour son œuvre propre.

5. Une sous-représentation persistante dans la culture et l’éducation

Cette structure d’invisibilisation se perpétue aujourd’hui dans l’imaginaire collectif :

  • Manuels scolaires : Moins de 10 % des personnages mentionnés sont des femmes.
  • Espace public : En France, seulement 6 % des statues représentent de vraies femmes (non allégoriques).
  • Santé et sciences : Même la médecine a été pensée « par et pour les hommes », les diagnostics d’infarctus ou les positions d’accouchement ayant été établis selon des standards masculins, ignorant les spécificités biologiques féminines.

Cette invisibilisation rend difficile l’identification des jeunes filles à des modèles féminins et nécessite aujourd’hui un travail de « réimplémentation » des femmes dans l’histoire globale pour déconstruire ces cadres culturels.

Nicolas Moinet

Professeur des universités à l’Institut d’administration des entreprises de Poitiers, enseignant à l’École de guerre économique (EGE) et à l’Institut libre d’étude des relations internationales (ILERI), chercheur en intelligence économique au Centre de recherche en gestion (CEREGE) et auteur de plusieurs ouvrage dont le plus récent, De la compétition à l’affrontement (Les sentiers de la guerre économique)

Nicolas Moinet présente la guerre économique comme une transition de la compétition vers l’affrontement, où la ruse et l’influence priment sur la simple concurrence commerciale. Il souligne que nous évoluons désormais sur trois échiquiers simultanés : le concurrentiel classique, le géoéconomique et celui de la société civile.

Les stratégies indirectes sont au cœur de ce conflit. Par exemple, la Russie, via le groupe Wagner et feu Prigogine, a orchestré des campagnes de désinformation et financé des contestations internes en France pour affaiblir son image internationale pendant qu’elle s’emparait de ressources en Afrique. Parallèlement, des puissances comme l’Azerbaïdjan soutiennent les mouvements indépendantistes dans les territoires d’outre-mer pour priver la France de son rang de deuxième puissance maritime mondiale.

La domination par les normes et la « modélisation » constituent un pilier majeur de la stratégie de puissance. En investissant les instances de normalisation ISO dès 2008 et en rachetant des infrastructures portuaires stratégiques en Europe, la Chine a préparé le terrain pour l’imposition du véhicule électrique. Moinet déplore que l’Union européenne ait acté la fin du moteur thermique pour 2035 sans réelle analyse d’impact, se plaçant en situation de dépendance totale vis-à-vis des métaux critiques (lithium, nickel, cobalt) contrôlés par Pékin.

Un autre front crucial est celui de l’extraterritorialité du droit. Les États-Unis utilisent leur arsenal juridique et le dollar pour déstabiliser des entreprises étrangères, comme l’illustre le rachat d’Alstom. Face à ces menaces, Moinet affirme que le combat est possible : des acteurs, de la petite TPE limousine aux groupes internationaux, ont réussi à gagner en instaurant un véritable rapport de force diplomatique ou judiciaire.

En conclusion, l’auteur exhorte à « changer de lunettes » stratégiques. Il est impératif d’anticiper les risques (comme le prévoyait le Livre blanc de la défense dès 2008 pour les pandémies), de lire les doctrines adverses et de rejeter le mythe des entreprises « sans nation ». La guerre économique est une réalité : si l’on ne s’en occupe pas, elle finit par s’occuper de nous.

Rémi Thévenot

Titulaire d’une maîtrise de biochimie, d’un DESS de microbiologie et du diplôme d’ingénieur de l’Ecole nationale d’agronomie et des industries alimentaires de Nancy. Il a exercé durant près de trente-quatre ans au sein de Big Food en R & D, production, développement industriel ou encore Data management.

L’émergence d’un système industriel L’agro-industrie, née aux États-Unis, s’est imposée en Europe après 1945 pour nourrir massivement la population via une agriculture intensive riche en engrais et pesticides. Ce modèle a favorisé l’essor des aliments ultra-transformés (AUT), qui représentent aujourd’hui jusqu’à 70 % des calories consommées dans certains pays.

La dénaturation de la nourriture  Rémi Thévenot explique que les AUT ne sont plus de véritables aliments, mais des assemblages de molécules issus du « cracking » (fractionnement chimique du blé, du lait, etc.) et de l’extrusion. Ces procédés industriels détruisent les fibres et protéines originelles pour créer des produits à « calories vides », hyper-addictifs grâce à des combinaisons artificielles de gras, sucre et sel. Il cite l’exemple du cordon bleu ou du croque-monsieur industriel, qui peuvent contenir jusqu’à 29 ingrédients et de nombreux additifs comme les nitrites, potentiellement cancérogènes.

Impacts sanitaires et environnementaux Cette alimentation est liée à une explosion des maladies chroniques : obésité, diabète de type 2, cancers, maladies cardiovasculaires et dépression. Sur le plan écologique, l’industrie alourdit l’empreinte carbone et contamine les corps via les emballages plastiques (microparticules, perturbateurs endocriniens). Thévenot dénonce un système verrouillé par quelques géants mondiaux qui exercent un lobbying intense pour freiner les régulations sanitaires européennes.

Solutions et résistance Face à ce constat, le conférencier propose plusieurs leviers d’action :

  • Utiliser des outils d’analyse : l’application Siga (pour l’ultra-transformation), le Nutri-Score ou Yuka.
  • Changer de consommation : privilégier le bio (moins d’additifs autorisés), le local et éviter les emballages plastiques.
  • Cuisiner soi-même : c’est l’acte de résistance ultime pour protéger sa santé et celle des enfants, les adultes de demain.

 

Béatrice Denaes

Journaliste diplômée de l’ESJ Lille, rédactrice en chef, médiatrice de radio France de 2015 à 2018, enseignante et conseillère pédagogique à sciences Po, vice-présidente de Trans Santé et conférencière. 

Voici un résumé de la conférence de Béatrice Denaes, co-présidente de l’association Trans Santé France, qui s’appuie sur des données scientifiques et son parcours personnel pour déconstruire les préjugés sur la transidentité.

Réalités médicales et protection des mineurs L’intervenante dénonce fermement la désinformation actuelle, notamment concernant les enfants trans. Elle précise qu’il n’existe aucun traitement hormonal ou chirurgical chez l’enfant ; l’accompagnement est avant tout une transition sociale (choix du prénom, vêtements). Pour les adolescents, les bloqueurs de puberté sont utilisés de manière encadrée. Ces médicaments, prescrits depuis 40 ans pour d’autres pathologies, sont réversibles et essentiels pour réduire les risques de suicide, dix fois plus élevés chez les personnes trans en raison du « stress de minorité » et du rejet social.

Concepts et Évolution Terminologique Béatrice Denaes clarifie les définitions : l’identité de genre (le ressenti intérieur) est distincte du sexe biologique (données biologiques et état civil) et de l’orientation sexuelle. Elle préconise l’usage du terme « affirmation de genre » plutôt que « transsexuel », ce dernier étant trop lié à une vision psychiatrisée et pathologisante. Elle rappelle également que la transidentité n’est pas une mode, mais une réalité historique et mythologique ancienne.

Avancées législatives et défis sociaux La conférence souligne des progrès majeurs en France :

  • La déclassification de la transidentité comme maladie mentale par l’OMS (entrée en vigueur en 2022).
  • La simplification du changement de prénom et de l’état civil en 2016, mettant fin à l’obligation de stérilisation pour les personnes trans.
  • La circulaire Blanquer pour l’accueil des élèves trans à l’école.

Toutefois, l’acceptation sociale reste fragile.

Un témoignage pour l’humanité À travers son expérience personnelle, Béatrice Denaes décrit une vie de haine de soi et de dissimulation avant sa transition à 68 ans. Elle conclut par un appel au respect et à la bienveillance, affirmant que la transition n’est pas une lubie, mais une nécessité vitale pour être enfin en accord avec soi-même et retrouver une estime de soi.

Jean-Paul Jean

Président de chambre à la Cour de cassation. Vice-président de l’association française pour l’histoire de la justice. Il a aussi dirigé la Mission de recherche droit et justice et est l’auteur de nombreux ouvrages.

Voici un résumé de la conférence « Les citoyens et la justice » tenue le 14 septembre 2024 avec l’expert Jean-Paul Jean :

Cette conférence explore les relations complexes et souvent tendues entre les citoyens et le système judiciaire français. Jean-Paul Jean souligne d’emblée un paradoxe : si la justice est régulièrement critiquée dans les médias pour son inefficacité ou son laxisme (illustrés par des cas de multirécidive), elle est avant tout le symptôme des échecs de la société (psychiatrie, éducation, insertion).

L’expert dresse un constat alarmant sur le système carcéral : la France bat des records avec 78 000 détenus, malgré le recours croissant aux alternatives comme le bracelet électronique. Il insiste sur le fait que la prison, surtout pour de courtes peines, ne permet pas un travail éducatif efficace et que la réinsertion nécessite une réponse collective impliquant tous les acteurs sociaux.

Pour clarifier le fonctionnement de l’institution, Jean-Paul Jean rappelle cinq principes fondamentaux :

  1. L’égalité devant la loi : Bien que proclamée, elle se heurte en pratique aux disparités de moyens financiers et de maîtrise du temps judiciaire.
  2. La gratuité et l’accès : La justice française est l’une des seules en Europe à être gratuite en tant que service public, bien que les frais annexes (avocats, experts) restent importants.
  3. L’indépendance et l’impartialité : Les juges sont liés par un serment d’humanité et de loyauté, rendant leurs décisions « au nom du peuple français ».
  4. Le contradictoire : Ce principe garantit un débat où chaque partie peut répondre aux arguments adverses.
  5. La présomption d’innocence : Un pilier souvent fragilisé par la pression médiatique.

Enfin, la conférence aborde la lenteur de la justice, expliquée par un manque chronique de moyens comparé à d’autres pays européens comme l’Allemagne. Jean-Paul Jean préconise le développement de modes alternatifs de règlement des litiges (médiation, conciliation) et une plus grande implication citoyenne pour restaurer la confiance et l’efficacité du système.

Pascal Chauchefoin

Doyen émérite de la Faculté d’Économie de Poitiers et Directeur scientifique de l’Espace Mendès France

Cette conférence de Pascal Chauchefoin explore le lien vital entre culture scientifique et démocratie. En démocratie, le citoyen occupe une place centrale et doit être capable de réaliser un « saut périlleux » mental pour passer de son intérêt personnel à l’intérêt général. Comme de nombreux débats publics (nucléaire, OGM, gestion de l’eau) reposent sur des bases techniques, une culture scientifique est indispensable pour se forger une opinion éclairée plutôt que de simplement en subir une.

Cependant, la formation de l’opinion est entravée par des biais cognitifs. Notre cerveau, par économie d’effort, privilégie le biais de confirmation, nous poussant à chercher des informations qui confortent nos croyances préexistantes. Ce phénomène est exacerbé par les algorithmes d’Internet qui enferment l’individu dans des bulles informationnelles, renforçant parfois des théories irrationnelles comme le platisme. L’auteur cite également l’effet Dunning-Kruger, où l’ignorance engendre paradoxalement plus de confiance en soi que la connaissance.

Pour contrer ces pièges, il est nécessaire d’adopter des réflexes méthodologiques. Il faut savoir distinguer la simple coïncidence de la corrélation et, surtout, de la causalité. Une meilleure appréhension des probabilités est aussi essentielle pour éviter des paniques injustifiées face à des tests médicaux ou des données mal interprétées.

L’intervention souligne la distinction cruciale entre la recherche, espace de controverses nécessaires entre pairs, et la science, qui représente le consensus stabilisé. La culture scientifique ne consiste pas à devenir expert en tout, mais à comprendre le processus de production du savoir, lequel exige humilité, doute méthodique et transparence.

Enfin, l’enseignement a un rôle majeur : il doit favoriser l’expérimentation et l’histoire des sciences pour montrer comment les connaissances évoluent par dépassement des erreurs passées. En luttant contre l’indifférence — le « plus bas degré de la liberté » — la culture scientifique protège contre le relativisme et permet au citoyen de participer activement et lucidement à la vie de la cité.

Jacques Lecomte

Psychologue français connu pour ses travaux sur la psychologie positive et son approche scientifique qui met l’accent sur l’importance des liens sociaux, de l’empathie et de la solidarité dans l’épanouissement individuel.

Dans cette conférence, Jacques Lecomte, spécialiste en psychologie positive, propose un regard transformateur sur notre monde actuel. Il définit d’abord sa discipline comme l’étude scientifique du développement optimal de l’individu, du groupe et des institutions. Ce cadre s’articule avec le convivialisme, une philosophie politique prônant la commune humanité et la coopération créatrice pour transformer les tensions sociales en opportunités.

Face aux théories de l’effondrement qu’il juge non scientifiques et paralysantes, Jacques Lecomte prône l’« optiréalisme ». Contrairement à l’optimisme béat, il s’agit d’un engagement actif et collectif. Il souligne que le catastrophisme médiatique, s’il augmente la conscience des enjeux, diminue paradoxalement la capacité d’action en générant un sentiment d’impuissance. Pour lui, le véritable défi environnemental n’est pas une pénurie de ressources, mais la décision politique et industrielle de réduire notre consommation de carbone.

L’action doit se déployer à trois niveaux. Si l’action individuelle (le « colibri ») est utile, elle reste fragile. Jacques Lecomte insiste sur l’importance du niveau collectif et institutionnel, citant des réussites historiques comme le Protocole de Montréal pour la couche d’ozone ou la dépollution du Rhin. Ces succès ont été rendus possibles par un dialogue entre quatre parties prenantes : les scientifiques, les industriels, la société civile et les services publics.

Le conférencier explique notre penchant pour le pessimisme par un héritage biologique de vigilance face au danger et par une focalisation médiatique sur les aspects négatifs. Pourtant, les neurosciences révèlent que l’être humain possède des fondements biologiques à la bonté : la coopération active les zones cérébrales de la récompense et les neurones miroir facilitent l’empathie.

Enfin, témoignant de son propre parcours de résilience — d’une jeunesse marquée par la précarité à une carrière de chercheur — Jacques Lecomte affirme qu’aucune situation n’est irréversible. Sa conviction centrale est que la bonté et l’engagement collectif ont le pouvoir réel de changer le monde.

Angélique Gozlan

Docteure en psychopathologie et psychanalyse, Chercheuse associée auprès des Universités de Paris Diderot et Lyon 2. Autrice du Petit guide « décomplexant » pour parents à l’ère du numérique.

Voici un résumé de la conférence donnée par Angélique Gozland, psychologue clinicienne et chercheuse pionnière sur la thématique des réseaux sociaux.

Les réseaux sociaux sont définis comme des applications basées sur le partage, la mise en visibilité de soi et l’appartenance à des communautés virtuelles. Utilisés par plus de 60 % de la population mondiale, ils répondent à trois besoins psychologiques fondamentaux :

  1. La socialisation : Le besoin inhérent à l’être humain d’être en relation et d’appartenir à un groupe.
  2. La curiosité : Satisfaire la pulsion de voir et de savoir, facilitée par un accès illimité à l’information.
  3. Le narcissisme : Le besoin d’être aimé et reconnu, souvent soutenu par l’illusion des « likes » et l’usage de filtres qui transforment l’image de soi.

Angélique Gozlan introduit le concept de « désintimité » pour décrire le passage de la communication privée à l’exposition publique. Dès qu’un contenu est publié, l’individu en perd la propriété : l’intime devient un « moi virtuel collectif ». Chez les adolescents, ces outils favorisent la « virtualessence », un processus de transformation identitaire permettant d’expérimenter différentes facettes de soi hors du regard parental. Elle qualifie le réseau social de « pharmakon », car il est à la fois un remède (médiation thérapeutique, soutien communautaire) et un poison, selon la vulnérabilité de l’usager.

La conférence souligne également l’importance croissante des influenceurs, nouveaux modèles d’identification qui exploitent les fragilités actuelles pour orienter les modes de consommation et de pensée. Enfin, l’experte analyse les mécanismes du complotisme, nourri par le « snacking » d’informations brèves et peu contextualisées. Les algorithmes renforcent ce phénomène en créant des biais de confirmation qui enferment les utilisateurs dans des bulles d’opinion, limitant la pensée critique au profit d’une contagion des sentiments au sein des groupes.

COMPLOTISME ET THÉORIES DU COMPLOT POURQUOI ? - 12/09/2025

Vincent Madec

Conférencier, Membre de Conspiracy Watch

Le complotisme se définit comme une « loupe » déformante qui interprète la réalité à travers le prisme du soupçon systématique. Selon les sources, il s’agit de la croyance que tout événement social majeur est le fruit d’un plan secret orchestré par un petit groupe de puissants aux intentions malveillantes. Si des complots réels existent (Watergate, Dieselgate), le complotisme se distingue par un réflexe consistant à placer l’hypothèse du complot en première position, même face à des explications plus plausibles.

Ce phénomène répond à deux besoins psychologiques fondamentaux : le besoin de sens face au chaos et le besoin de contrôle. En proposant un récit simple avec des coupables désignés, il offre un confort intellectuel supérieur à l’acceptation de la complexité du réel. Historiquement, ces mécanismes s’observent dès le XIVe siècle avec les rumeurs sur la peste noire, puis s’institutionnalisent par l’écrit après la Révolution française et avec la diffusion du Protocole des Sages de Sion. L’arrivée d’Internet et les attentats du 11 septembre ont provoqué une explosion massive de ces théories, favorisant un « révisionnisme en temps réel ».

Aujourd’hui, le complotisme est devenu un marché lucratif pour certains influenceurs (comme Alex Jones ou David Icke) qui génèrent des revenus colossaux. Ses conséquences dans la vie réelle sont graves : elles vont de l’assaut du Capitole aux États-Unis à des drames familiaux comme l’enlèvement de la petite Mia en France. Sur le plan démocratique, il paralyse le débat sur des enjeux vitaux comme le réchauffement climatique, car il force à débattre de la réalité des faits plutôt que des solutions.

Pour contrer cette dérive, des plateformes comme Conspiracy Watch effectuent un travail de veille et de cartographie afin d’informer sur l’origine et les promoteurs de ces théories. Les sources soulignent que si le démontage des faits est souvent inefficace face à une adhésion émotionnelle, le développement de l’esprit critique et le maintien du dialogue par les proches restent les meilleurs rempart

Serge Bret-Morel

Titulaire d’un master en histoire et philosophie des sciences (spécialité histoire de l’astronomie), il pose les bases d’une épistémologie critique de l’astrologie et développe une réflexion sur les méthodes pouvant accréditer une croyance.

Cette conférence explore la tension entre rationalité et croyances spirituelles. L’astrologie y est analysée comme une pratique divinatoire extrêmement populaire. Elle repose sur l’idée d’une connexion entre les hommes et les astres. Historiquement, elle naît en Mésopotamie par la recherche de corrélations. Initialement collective, elle servait à interpréter des présages naturels et divins. Les Grecs ont ensuite géométrisé ce système pour chercher des règles universelles.

Au XXe siècle, elle s’est transformée en un outil de connaissance de soi. Aujourd’hui, elle connaît un regain massif via Instagram et TikTok. Ce succès actuel s’explique par le besoin de sens, accentué par la crise du COVID. Pourtant, l’analyse critique de Serge Bret Morel révèle des failles majeures. La précession des équinoxes a créé un décalage entre signes et constellations. L’astrologie travaille sur un ciel virtuel déconnecté de la réalité astronomique. Il n’existe pas de système unifié, mais une multitude d’écoles contradictoires.

Le conférencier, ancien astrologue, témoigne de son propre cheminement sceptique. Il a réalisé que les succès perçus sont souvent des illusions d’interprétation. Des portraits psychologiques « marchent » même avec des dates de naissance fausses. La rationalité permet de déconstruire ces schémas par la pensée critique. Elle interroge les étapes de production du savoir : « Comment sais-tu cela ? ».

Le biais de confirmation nous pousse à ne retenir que ce qui nous arrange. L’astrologie n’est pas une découverte de lois, mais une construction humaine. Elle agit souvent comme une « béquille » psychologique pour reprendre le contrôle.

En conclusion, l’esprit critique est présenté comme une démarche de liberté. Il s’agit de reprendre le contrôle de son jugement face aux automatismes cognitifs.

John Tolan

Historien, diplômé en lettres classiques à Yale, puis en histoire médiévale à l’université de Chicago. En 2001, il obtient son habilitation à diriger les recherches à l’EHESS. John copilote un programme européen  « The European Qu’ran ».

Lors de cette conférence organisée par « Rochefort Nouveau Monde », l’historien John Tolan retrace la longue évolution des faits religieux, du Paléolithique à nos jours. S’appuyant sur la psychologie de l’évolution, il explique que la religion répond à un besoin humain fondamental : gérer les dangers et l’inconnu.

L’histoire commence par les religions chamaniques informelles, où le pouvoir spirituel est diffus dans la nature. Au Néolithique, avec la sédentarisation, apparaissent les religions doctrinales organisées autour de dieux multiples et d’une caste de prêtres. Le monothéisme émerge plus tardivement (entre 2000 et 1000 av. J.-C.), avec des tentatives comme le culte solaire d’Aton en Égypte, bien que Tolan précise que le monothéisme strict reste rare, souvent tempéré par des figures intermédiaires comme les anges ou les saints.

Les trois grandes religions abrahamiques partagent une figure tutélaire commune, mais leurs trajectoires divergent. Le christianisme, d’abord secte juive, s’en sépare progressivement sur cinq siècles, notamment lorsque Paul ouvre la foi aux non-juifs en abandonnant la loi mosaïque. L’islam, né au VIIe siècle, s’appuie sur les récits bibliques connus en Arabie. Contrairement à Jésus, Mahomet devient un chef politique à Médine, ce qui structure l’islam comme une communauté dotée de lois sociales (mariage, héritage).

John Tolan aborde également la question de la tolérance. Citant Jan Assmann, il souligne que le polythéisme était plus flexible, tandis que le monothéisme a introduit l’idée d’une vérité unique, source potentielle d’intolérance. Il explore les schismes internes, tels que la séparation entre sunnites et chiites, issue de conflits politiques de succession après la mort de Mahomet.

Enfin, l’historien déconstruit certains concepts comme la charia, montrant qu’il ne s’agit pas d’un système figé mais d’une notion ayant évolué historiquement. Il conclut sur la persistance des religions : même dans les sociétés athées, le besoin de rites et de sens face à la mort demeure.

Jean-Loïc Le Quellec

Anthropologue, ethnologue et préhistorien. Spécialiste de mythologie moderne, des traditions du Bas-Poitou et de l’art rupestre du Sahara, il est aussi directeur de recherches émérite au CNRS.

Jean-Loïc Le Quellec définit le mythe (du grec Mutos) non comme une simple fiction, mais comme un récit fondateur considéré comme fondamentalement vrai par la société qui le produit. Si le langage moderne l’associe souvent au mensonge ou à l’illusion, le mythe exprime à l’origine une vérité essentielle pour ceux qui le racontent.

Structurellement, les mythes reposent généralement sur un renversement : une situation initiale (ex. : l’immortalité, les animaux qui parlent) est radicalement transformée par un événement, expliquant ainsi notre condition actuelle (ex. : la mort, la nécessité du travail). Le mythe du Déluge illustre cette nuance d’universalité : il est universel si on l’envisage comme un récit de « double création » où une divinité éradique une humanité imparfaite pour en créer une nouvelle, mais sa forme spécifique (inondation par la pluie) est géographiquement plus restreinte.

Contrairement aux théories du XIXe siècle, les mythes ne sont pas une « pré-science » destinée à être remplacée par la raison. La science explique le fonctionnement du monde, mais le mythe lui donne du sens et le rend acceptable. Alors que le récit scientifique repose sur la démonstration et la remise en cause permanente, le mythe fonctionne par révélation et initiation.

Aujourd’hui, les fake news et le complotisme agissent comme des mythes contemporains. Des théories comme celles sur les pyramides électriques ou le « Grand Remplacement » sont tenues pour vraies par des groupes car elles fournissent une explication globale et identitaire. Le croyant ne « croit » pas, il « sait » ; pour lui, le mythe est sa vérité, tandis que le récit de l’autre est perçu comme faux.

Face à ces conflits de vérités, Jean-Loïc Le Quellec préconise un « pas de côté » anthropologique. Au lieu d’un affrontement rationnel souvent stérile, il propose d’étudier les structures et les origines des récits via la mythologie comparée. Cette méthode permet de désamorcer les tensions en transformant le débat sur la croyance en une analyse des points communs entre les cultures.

DIEU UNE HYPOTHÈSE À VÉRIFIER - 05/11/2026

Jean-Hubert Wilbrod

Docteur en physique

 Jean-Hubert Wilbrod, scientifique de formation, propose une réflexion philosophique et rationnelle sur l’existence de Dieu, en s’appuyant sur les découvertes scientifiques contemporaines. Son approche rejette deux impasses : le scientisme, qui prétend que la science peut tout expliquer, et le fidéisme, qui prône une foi aveugle dénuée de raison.

Jean-Hubert Wilbrod structure son argumentation autour de plusieurs piliers :

1. L’origine de l’univers : En retraçant l’histoire de la cosmologie, du Big Bang à l’inflation, il souligne que des modèles comme le théorème de Borde-Guth-Vilenkin suggèrent que l’univers a un début temporel. En utilisant les concepts de causalité de Jean Duns Scot, il avance que Dieu est un candidat crédible comme « cause de transition » pour ce commencement.

2. Le réglage fin (Fine-tuning) : Les sources mettent en avant l’incroyable précision des lois physiques. Une infime variation des forces nucléaires ou de la constante cosmologique rendrait l’apparition de la vie impossible. Face à cet ordre stupéfiant, l’alternative se résume souvent à l’existence d’un architecte ou à l’hypothèse (non prouvée) d’un multivers.

3. La vie et la conscience : Jean-Hubert Wilbrod ne voit aucune incompatibilité entre la théorie de l’évolution et l’idée d’un créateur. Si la science explique le « comment » de l’évolution biologique, elle reste muette sur le « pourquoi ». De plus, malgré les progrès des neurosciences, la conscience phénoménale (le ressenti subjectif) demeure un mystère que la simple mécanique cérébrale ne semble pas suffire à élucider.

En conclusion, l’auteur affirme qu’il n’existe aucune preuve objective, dans un sens ou dans l’autre. Cependant, il propose un changement de paradigme : ce n’est plus l’ignorance qui suggère Dieu, mais la connaissance scientifique elle-même qui rend cette hypothèse plausible et probable. Il invite ainsi à une quête métaphysique où la science aide à mieux formuler les questions fondamentales sur le sens de l’existence.

Yehezkel Ben-Ari

Chercheur en neurobiologie spécialiste des processus de maturation cérébrale, des épilepsies, de l’autisme et des maladies du développement cérébral.

Cette conférence, présentée par le docteur Yehezkel Ben-Ari, neurobiologiste et ancien directeur de l’INSERM, explore la construction fascinante du cerveau et ses implications dans les troubles neurologiques.

La dynamique du développement cérébral Le cerveau se forme à partir d’un tube neural où les cellules prolifèrent massivement avant de migrer vers leurs destinations finales pour établir des millions de milliards de connexions, les synapses. Yehezkel Ben-Ari souligne que si la génétique fournit le plan initial, l’environnement, particulièrement in utero, est crucial pour valider et stabiliser ce réseau. Il compare l’activité électrique cérébrale précoce à un GPS qui guide le câblage des neurones bien avant que les sens ne soient fonctionnels.

L’autisme et la prédiction précoce Le chercheur utilise l’autisme comme modèle de pathologie neurodéveloppementale. Grâce au projet Pelargos et au machine learning, il a démontré qu’il est possible de prédire ce trouble dès la naissance en analysant les données de maternité (échographies, biologie) avec une précision de 41 à 50 %, soit dix fois mieux que la génétique. Des signes comme un périmètre crânien plus large dès le deuxième trimestre de grossesse confirment que la maladie s’installe très tôt.

La neuro-archéologie et les traitements Ben-Ari introduit le concept de neuro-archéologie, suggérant que des neurones restés « immatures » ou mal localisés durant le développement causent des activités aberrantes à l’âge adulte, provoquant épilepsie ou autisme. Bien que ses essais cliniques de phase 3 aient été complexes en raison de l’hétérogénéité des patients, il préconise l’utilisation de l’intelligence artificielle pour identifier des sous-populations de « répondeurs » aux traitements.

Conclusion et épigénétique Enfin, le conférencier aborde l’épigénétique, montrant comment l’environnement (pollution, stress) modifie la lecture des gènes, parfois sur plusieurs générations. Selon les sources, Yehezkel Ben-Ari conclut sur la nécessité d’une prévention précoce et de l’humilité scientifique, rappelant que si la nature peut faillir, l’éducation et la culture jouent un rôle compensatoire essentiel.

Guillaume Demarcq

Président et co-fondateur d’Ikomia, start-up dans le secteur du Computer Vision et du Deep Learning. Docteur en mathématiques appliquées en traitement d’images.

La conférence « IA : vers un nouveau monde » présente l’intelligence artificielle (IA) comme le moteur de la quatrième révolution industrielle. Guillaume De Marcq explique que cette transition n’est pas soudaine mais résulte d’une convergence historique : des algorithmes conçus dès les années 1950, l’accumulation massive de données via Internet dans les années 2000, et une puissance de calcul suffisante atteinte vers 2012.

Sur le plan technique, l’IA moderne s’appuie sur le Deep Learning (apprentissage profond). Ce mécanisme utilise des réseaux de neurones artificiels organisés en couches pour tenter d’imiter le fonctionnement du cerveau humain. À travers des exemples comme AlphaGo ou la reconnaissance vocale, on observe que l’IA excelle à traiter des règles définies et à identifier des motifs complexes dans de grands volumes d’informations.

L’exposé consacre une part importante à ChatGPT, une IA générative pré-entraînée. L’expert démystifie l’outil en précisant qu’il n’a aucune conscience et ne « comprend » pas comme un humain. Il s’agit d’un modèle mathématique prédisant statistiquement l’enchaînement des mots le plus probable à partir de données web collectées jusqu’en 2021. Bien que performant pour la rédaction, il reste sujet aux biais et aux erreurs factuelles.

Les applications concrètes de l’IA sont déjà une réalité dans plusieurs secteurs clés :

  • Santé : Aide au diagnostic en radiologie (fractures, détection précoce de cancers) pour permettre aux médecins de gagner du temps sur les cas simples.
  • Agriculture : Détection de maladies sur les cultures (comme les vignes) afin de cibler les traitements et réduire l’usage des pesticides.
  • Administratif : Automatisation du tri de documents et de mails pour accélérer les procédures longues, telles que les successions.
  • Automobile : Transition vers une assistance à la conduite sécurisée plutôt qu’une autonomie totale, désormais jugée moins réaliste à court terme.

En conclusion, si l’IA offre des perspectives positives, son déploiement nécessite un cadre réglementaire strict, notamment au niveau européen (RGPD), pour encadrer l’usage des données et limiter les dérives.

REC ROCHEFORT 2025

L’ESPRIT CRITIQUE POUR TOUS !
UN FESTIVAL ACCESSIBLE AU PLUS GRAND NOMBRE 

Ils nous soutiennent

UN PROGRAMME RICHE EN EXPERIENCES

Dans un monde où l’information est omniprésente et souvent contradictoire, l’esprit critique est une compétence essentielle pour la vie citoyenne et nos démocraties. C’est une compétence qui contribue à lutter contre les défiances envers nos institutions. Aujourd’hui en itinérance dans toute la France, le festival Les Rencontres de l’Esprit Critique collabore avec des associations locales comme Rochefort Nouveau Monde qui organise la première édition en Charente-Maritime à l’automne 2025.

  • 1 Table Ronde des Élus 
  • 4 Conférences thématiques 
  • 6 Ateliers 
  • 4 Expositions, Librairie, 1 Espace rencontres… 
  • 1 Spectacle « Doute en ronds » 

On attend d’eux qu’ils prennent des positions favorables au bien commun dans un contexte d’informations contradictoires et parfois sous la pression d’attaques personnelles. Comment construisent-ils leurs opinions ?

Les intervenants
Angele Bazin
Angèle Bazin
Maire Chaillevette
Charente- Maritime
Mickaël Vallet
Sénateur
Charente-Maritime
Christophe Plassard
Député
Charente-Maritime
Alexandre Schneider-Maire
Alexandre Schneider
Conseiller Départemental Charente-Maritime
Valérie Fernandes
Animatrice

Cette table ronde réunit quatre élus pour discuter de la menace que représentent les « infox » (informations toxiques) pour la démocratie et le vivre-ensemble. Tous s’accordent sur le fait que la désinformation, qu’elle soit locale ou orchestrée à l’échelle internationale, nécessite une réponse fondée sur la transparence et l’humain.

Angèle Bazin, maire de Chaillevette, témoigne de la rapidité avec laquelle des projets locaux, comme la sécurisation d’un parc, peuvent être dénaturés en rumeurs de déforestation. Elle insiste sur l’importance de l’accès aux documents administratifs et du dialogue direct pour désamorcer les tensions. Elle affirme : « Pour lutter sur ce genre d’information et pour éviter aussi toutes les dérives des réseaux sociaux, je plaide la proximité ».

Alexandre Schneider, maire de Pont-l’Abbé-d’Arnoult et vice president du Conseil départemental de Charente-Maritime, souligne que l’infox cherche avant tout à détruire la confiance et la cohésion interne des communes. Il considère que les réunions publiques et les échanges physiques sont les meilleurs remparts contre l’anonymat numérique. Selon lui, « la vérité circule plus vite dans une salle des fêtes que sur des réseaux sociaux ». Il préconise une gouvernance participative où l’habitant, mieux informé, devient moins perméable aux rumeurs.

Le député Christophe Plassard élargit le débat à la « guerre hybride » et aux enjeux de souveraineté nationale. Il explique que des puissances étrangères exploitent l’information pour déstabiliser l’économie et la recherche française. Face à cette menace, il appelle à une discipline d’usage des outils numériques et à une vigilance accrue : « Il faut arrêter d’être naïf […] et de se rendre compte […] qu’il peut y avoir derrière une action directe ou indirecte d’un pays ou d’une puissance ».

Enfin, le sénateur Mickaël Vallet analyse les dangers des algorithmes qui enferment les citoyens dans des bulles de filtre, rendant la désinformation invisible à la collectivité. Il s’inquiète de l’impact de plateformes comme TikTok sur la sincérité des scrutins électoraux. Il note une évolution majeure de la propagande : « La manipulation n’est plus au vu et au su de tout le monde ». Pour lui, la solution durable passe par le soutien à une presse locale indépendante et, surtout, par un investissement massif dans l’éducation nationale pour former l’esprit critique des futures générations.

Spectacle " DOUTE EN RONDS "

« Doute en Ronds » est une conférence jonglée unique, conçue pour s’adapter à tous les publics (4 à 99 ans). Cet exposé artistique plonge au cœur de l’esprit critique, explorant l’art du doute, les pièges et raccourcis de l’esprit, les « deux vitesses » de notre pensée, ainsi que des sujets captivants comme la pensée magique, le paranormal, les enjeux de santé face aux pseudo-sciences, la quête de sens et le conspirationnisme, pour conclure sur l’importance d’une confiance éclairée en la science.

Romain Meunier

Créateur d’Evidence Based Bonne Humeur

Climat, responsabilités, conséquences et actions

S’il est de plus en plus difficile de nier le réchauffement climatique, ses origines, conséquences, moyens de le limiter, responsabilités individuelles font débat.

Rémi Gaubert

Après avoir co-fondé une société de services en informatique (plus de 100p en 2025), Rémi a décidé de s’engager sur la cause du changement climatique, devenu une problématique sociale majeure

Citoyenneté numérique

La conférence  retrace l’évolution de nos connexions sociales et médiatiques, de l’espace physique à l’ère du numérique Pour « rester libre » , elle examine comment une culture scientifique permet de distinguer les croyances des connaissances et tirer le meilleur parti des outils numériques tout en évitant leurs pièges.

Marie-Christine Blandin

Ancienne Présidente du Conseil Régional du Nord-Pas de Calais, puis sénatrice du Nord et Présidente de la commission de la Culture, de l’Éducation et de la Communication.

Se positionner malgré les incertitudes

L’incertitude mène souvent à l’inertie et au report de jugement, ce qui est parfois instrumentalisé par ceux pour lesquels  l’inaction est utile (groupes industriels, puissances étrangères,…).

Il est crucial d’apprendre à se positionner malgré le doute, de ne pas tomber dans l’inaction ou le relativisme, afin de ne pas laisser d’autres décider à notre place.

Alexander Samuel

Docteur en biologie moléculaire. Spécialisé en toxicologie des armes chimiques , engagé contre la fraude scientifique, le complotisme et les pseudo-sciences. 

Agriculture, entre nécessaire productivité et urgence écologique

L’agriculture cristallise des interrogations sociétales essentielles. On lui demande de concilier l’autonomie alimentaire, la qualité nutritionnelle, la santé des consommateurs et des agriculteurs, le respect de l’environnement et des terroirs…

Cyril Gambari

Docteur en microbiologie, enseignant en biologie-écologie dans un lycée professionnel agricole. Expert en agriculture biodynamique et aux études scientifiques qui la concernent.

Discussion constructive avec des opinions opposées

Qu’il s’agisse de politique, de vaccin, d’éolienne…les sujets de divergence ne manquent pas et les conversations deviennent parfois difficiles. 

Peter Barrett

Expert en rhétorique, il contribue à la promotion de l’esprit critique, des conversations constructives dans des contextes dégradés. Il intervient dans tous types d’organisations afin de rendre les discours impactants, de créer plus de valeurs dans les échanges et de prendre de meilleures décisions.  

Une informatique sans GAFAM ?

Apple, Google, Microsoft…. et en face des solutions plus respectueuses de nos données, moins « américaines »… qui peinent à convaincre. Une comparaison de produits est proposée, à titre indicatif, au moment du questionnement sur Windows 11.

Julien Martelle

Administrateur systèmes et réseaux, responsable cybersécurite, il travaille au sein d’une très importante institution  qui a fait le choix du tout Linux et logiciels libres en abandonnant Microsoft Windows et logiciels associés.

Je suis un agent climatique

Les injonctions demandant aux particuliers de devenir vertueux en terme de bilan carbone sont fortes. Avons nous individuellemnt le pouvoir de changer les choses ?

Rémi Gaubert

Après avoir co-fondé une société de services en informatique (plus de 100p en 2025), Rémi a décidé de s’engager sur la cause du changement climatique, devenu une problématique sociale majeure

Mathématiques et démocratie

Plusieurs formes de vote (outil des démocratie) existent et ont été débattues De Condorcet à Borda, nous explorerons divers modes de scrutin pour comprendre comment chacun influence différemment le résultat.

Marie Bazié

Médiatrice Scientifique, Marie a une double formation d’ingénieure en physique et de professeure de danse. elle a rejoint « Les Maths en Scène » pour faire découvrir la beauté des mathématiques et partager son enthousiasme avec tous les publics.

Premiers pas sur la lune... fake ou non ?

Le drapeau, les ombres..discussion sur la vraisemblance des éléments visuels par un photographe professionnel. On pourra ajouter quelques autres éléments concernant la mission elle-même.

Gilles Lazennec

Photographe

Le cerveau nous joue des tours

Quelques exemples de biais cognitifs qui influencent fortement nos positions sans que nous en ayons toujours conscience.

Nathalie Dzierlatka

Engagée dans le secteur social , Nathalie interroge les mécanismes de prises de décision qui font les orientations et choix de vie

Sophie Ingrand

Actuellement formatrice en anglais, Sophie a  travaillé auprès de publics tres variés la conduisant à une réflexion sur les comportements  dans un contexte d’apprentissage.

1- Biodiversité, pilier du monde vivant

Double Hélice - Espace Mendès France

La grande diversité des espèces vivantes est source d’aliments, de médicaments, de connaissances… Elle permet le maintien des grands équilibres écologiques. Sous la pression des activités humaines, les espèces vivantes disparaissent à un rythme accéléré.
Etudier et protéger la biodiversité devient une question de survie.

2- Algowatch

Savoir Devenir

Rôles et impacts des algorithmes et IA informationnels à l’attention des jeunes publics …et moins jeunes.

3- Les Communs

Espace Mendès France - Vecam

Les communs sont une manière de coopérer pour gérer ou créer une ressource, en privilégiant l’usage partagé plutôt que la propriété. Ils montrent que coopération et altruisme peuvent être efficaces, favorisent une satisfaction équitable des besoins et remettent en question les modèles classiques de richesse et de gouvernance.

4- Esprit Critique et Mathématiques

Les Maths en Scène

Cette exposition illustre comment les mathématiques peuvent devenir un véritable levier de développement de l’esprit critique.

LE COIN DES LIVRES

Association Française pour l'Information Scientifique

Créée en 1968, l’AFIS se donne pour but de promouvoir la science et d’en défendre l’intégrité. L’AFIS considère que la science ne peut pas résoudre à elle seule les problèmes qui se posent à l’Humanité, mais qu’on ne peut le faire sans avoir recours aux résultats de la science. Ainsi, elle assure la promotion de l’esprit critique et de la méthode scientifique et s’oppose aux tendances obscurantistes traversant la société.